Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 14:57

Sujet : Quel avenir pour les terrains à l’abandon ?

 

Rappels :
· Présentation Agenda 21 pour les viticulteurs, propriétaires et chasseurs présents (R.
Blanchet)
· But de la réunion : réunir les acteurs du paysage et de la biodiversité pour une prise de conscience collective
Intervention Didier Dupuis, professeur au lycée agricole de la Gonthière

 

Impact sur la flore, évolution libre de la végétation en 4 phases :
· Plantes pionnières (chardons, amarante, chénopode), puis tapis herbacé
· Semis ligneux (ronces, clématites, églantiers, pruneliers)
· Arbustes (acacia, ailanthe)
· Arbres (chêne, frêne, saule en milieu humide, charme). Selon l’exploitation, cette forêt ira en taillis ou en futaie
En bas fond, la croissance est plus rapide et le risque de refermement du paysage est accru. Plus le milieu est diversifié, plus il est stable
Cas particulier de l’acacia : bois de bonne valeur commerciale (piquets, ébénisterie, chauffage), mais il n’atteint sa bonne maturité que sur des sols alluvionnaires, ce qui n’est pas le cas de Pommiers.
Intervention Didier Dailly, technicien à la Fédération des Chasseurs
Impact sur la faune :
Les paysages ont toujours été façonnés par l’homme, d’abord par les éleveurs, puis les agriculteurs. La forêt n’a cessé de perdre du terrain jusque vers 1850. Les cultures diversifiées favorisaient la présence de petit gibier
L’abandon de l’élevage, la crise agricole, la spéculation foncière, ont entrainé des évolutions.
L’intensification de l’agriculture, l’évolution des techniques, et les produits phytosanitaires ont eu un impact très négatif sur la faune.
L’apparition de quelques friches ne peut être que bénéfique à la biodiversité animale, mais le retour à la forêt risque de marquer le retour d’espèces forestières (renard et sangliers)
Constat (état des lieux) :
· Vignes à l’abandon avec ceps non arrachés et fils de fer présents
· Vignes arrachées, mais terrains incultes (voire ceps laissés sur place)
· Vignes arrachées, semis fait, mais couverture végétale pauvre
· Espaces abandonnés, non viticoles (fond de vallée)
Moyens législatifs (faibles):
· La loi impose aux propriétaires l’éradication de l’ambroisie et des chardons
· La prévention des incendies impose également un entretien régulier, mais à moins de 50m des habitations
Débat :
L'avenir des terrains qui ne sont plus cultivés en vigne est une question délicate. Ces terrains sont de plus en plus nombreux et leur état présent n'est pas homogène. Certains sont labourés et reconvertis en culture agricole (colza, maïs, tournesol...), d'autres sont enherbés, et plus ou moins entretenus au fil des ans, pour éviter les friches, d'autres encore sont en broussailles et début de boisement sauvage, et enfin, les derniers sont à l'abandon total avec ceps, piquets et fils de fer noyés dans une végétation de plus en plus envahissante. Cette dernière situation n'est pas marginale à Pommiers.
Toutes ces parcelles appartiennent au domaine privé, elles dépendent donc de l'initiative individuelle de chaque propriétaire. Mais il se trouve aussi que l'état de ces terrains a des incidences au delà de leurs propres limites, sur l'environnement immédiat dans la Commune. Par exemple, prolifération de parasites sur les cultures voisines, risque de présence d'animaux nuisibles dans le secteur (renards, sangliers...), sans oublier la détérioration du paysage que les agriculteurs entretiennent en permanence par leur activité quotidienne. A tout ceci, il faut rajouter que les propriétaires qui laissent leur terrain à l'abandon se pénalisent eux-mêmes par la dévalorisation de leur bien et par les frais nécessaires au nettoyage... quand ils en auront le besoin.
Le lien entre la responsabilité individuelle des propriétaires et le respect de l'intérêt commun doit être réglé de la meilleure façon possible. Nous savons que l'arsenal juridique ne permet pas d'agir par l'obligation. Il reste le dialogue et la concertation, le bon sens et la civilité.
Nos préoccupations sont partagées dans de nombreuses communes du département. Nous connaissons l'exemple de Marchampt et des Monts d'Or où les Pouvoirs publics favorisent le pastoralisme et prennent en charge les surcoûts. A Charnay, certains riverains ont acheté collectivement certaines parcelles pour les entretenir eux-mêmes afin d'éviter les friches... Mêmes si ces exemples ne sont pas transposables chez nous, nous devons être attentifs à toutes les initiatives de ceux qui ont les mêmes objectifs que nous.


A Pommiers, aujourd'hui, la perspective la plus réaliste est la concertation avec les propriétaires, au cas par cas. Il s'agit d'une opération qui demande une bonne préparation et qui devra se référer à plusieurs critères importants:
→ Acquérir une connaissance de chaque parcelle concernée, avec ses caractéristiques propres (le groupe Agenda 21 a déjà commencé cet inventaire)
→ Avoir une vision à moyen et long terme sur le paysage global de la commune et non pas viser uniquement l'année prochaine.
→ Apporter éventuellement une aide au défrichement en s'adaptant au niveau d'implication des propriétaires. Certains ont déjà fait beaucoup d'efforts, d'autres peuvent avoir des difficultés qu'il faut prendre en compte. Mais pas de prime à la négligence et au laisser aller.
→ Etre en mesure de faire des suggestions et préconisations pour aider les propriétaires dans leur projet afin de donner un sens positif à notre démarche.
→ Pour les reconversions en culture agricole et élevage, nécessité de viser le seuil de rentabilité, ce qui pose le problème plus général des filières de traitement et des débouchés viables.
Conclusion: Cette rencontre a permis un échange de vue riche et intéressant. La complexité du problème ne permet pas de proposer des solutions concrètes dès aujourd'hui. Nous sommes engagés pour le long terme et nous ne manquerons pas de solliciter encore les nombreux participants au cours de notre longue marche...

Par stepho
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus